Bref, je suis confiné / Royal canin.

Dernière mise à jour : 3 févr.

Concours organisé par Bibliothèque de la ville du Haillan. 28 Mars 2021.

 

Finalement, je me suis retrouvé confiné.

Déconfit par l’annonce d’une mesure qui me renvoyait aux confins de mon foyer.


Ecoutez cette confidence que je vous fais en toute confiance.


Je me retrouvais flanqué du matin au soir de mon berger finnois, que j’avais affublé du nom de Confucius.

Il passait avec flegme de son couffin aux coussins de mon sofa.

Nous confluions bien trop fréquemment et le conflit ne se fit point attendre.

Car le fléau de cette promiscuité se manifestait par une ferme effluve de fennec, nécessitant forcément d’ouvrir les fenêtres plusieurs fois, quotidiennement.


Mon finage s’affinait ainsi de jour en jour.

Lorsque mon canidé de Finlande, semblant finasser, filait enfin, je reconquérais, fatigué, mon confortable canapé.

Constat affligeant : il confondait nos places respectives.


Il rongeait frénétiquement son os, et moi mon frein. Son comportement se fit de plus en plus confinant, renforçant de facto un confinement déjà très fâcheux.


Mon flair reconnut le conflit latent qui gonflait. Un jour, je décidai fermement d’en finir avec cette confrontation kafkaïenne et de confirmer ma force à ce confrère et colocataire.


Je confectionnais une fermeture sur la porte, manifestant concrètement la finitude de nos royaumes respectifs.

Il s’efforça de s’engouffrer de l’autre côté, mais je fliquais constamment. Finalement, cette configuration me convenait.


Enfin la fin. Un matin, encore ankylosé d’une nuit calfeutré dans ma couette comme un cocon, ma compassion le défit de ce carcan. Sortant d’un coffre tel un cabri, il infligea à l’escalier une cavalcade fracassante.


Cette incartade forestière nous rendit notre complicité, qui avait été fichue en l’air par le confinement et nous redevînmes de sacrés copains, comme à l’accoutumée.


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